Ça fait longtemps. Je sais.
Les derniers temps je me questionnais sur ma méthode de formation. À plusieurs reprises, j'ai cru jouer avec le feu lors de mes séances de formation auprès de chefs d'équipe et de superviseurs. Mais voilà, tous semblent très satisfaits de mes interventions.
C'est que je propose une approche similaire au co-développement, mais en plus audacieux (enfin, je crois).
Je présente d'abord le thème de la formation et offre aux participants des outils, de simples outils condensés dans un document ainsi qu'une table des matières pour repérer rapidement les outils dont nous aurons besoin. Il n'y a pas de bla-bla, que des outils. Je leur demande ensuite de me partager leurs difficultés et je leur propose d'intervenir avec eux pour régler ces problèmes.
La grande difficulté pour moi, c'est qu'il n'y a pas de planification qui puisse tenir la route. Les participants me présentent leurs problématiques à tour de rôle et c'est à moi de jouer. Bien que les participants s'impliquent et tentent de résoudre les problématiques des autres, moi, pour ma part, je dois cibler les bons outils et les présenter au moment opportun. Je dois, pour se faire, compter sur ma banque d'outils et maîtriser chacun de ces outils. Lors de ces séances, j'apporte même mon imprimante sur les lieux de la formation. Celle-ci me permet de faire des impressions d'outils qui peuvent manquer à leurs documents.
Les participants adorent ce concept. Il n'y a pas de théorie, que des outils pratiques. Plus ils sont concernés par les problématiques, plus ils développent leurs compétences. Fini les grandes théories de Management, que des outils pratiques.
Fenêtre d'opportunités de formation ou apprentissage dans l'action. Peu importe.
Ce qui importe, c'est le développement des compétences dans un contexte de participation et de concertation.
Peut-être que je m'emporte un peu. Peut-être...
J'ajouterais simplement que les puristes ne pourraient considérer cette approche comme une approche satisfaisante.
Je crois que mon approche détonne avec la formation traditionnelle où le maître fait don de ses connaissances à son auditoire de manière structurée, sans même considérer son auditoire. Il attend impatiemment la fin de son élocution en rêvant d'un "standing ovation".
Je crois que le participant n'est pas un auditeur, mais un membre actif qui possèdent des compétences latentes qui ne demandent qu'à s'exprimer. Le formateur doit laisser une grande place aux participants et doit savoir créer des moments de réflexion en groupe.
Qu'en pensez-vous? Est-ce une voie satisfaisante pour vous?
Donnez-moi votre opinion. Ce serait sympathique de dialoguer avec vous.
Patric
Bonjour Patric,
RépondreSupprimerJe suis tout à fait d'accord avec votre approche. Il faut arrêter avec les formations "universitaires". Votre approche est intéressante dans la mesure où le contenu se "construit" en même temps que son déroulement.
Vous vous appuyé sur le principe du conseil où il faut rebondir rapidement aux questions posées par son client.
Mesurez-vous la satisfaction de l'ensemble participants? Le fait de traiter le problème d'un participant peut amener une "déconnexion" de certains autres. C'est toutefois le rôle du formateur de ressentir cela et de le réajuster.
Avez-vous définis des objectifs pédagogiques "généraux" au préalable? On le sait, même avec des objectifs définis, la disparité des compétences des participants, à l'entrée, peut générer de la non satisfaction.
J'aime bien cette approche pragmatique. Le fait de "construire en avançant" en s'appuyant sur sa caisse à outils permet de passer très vite de la théorie à la pratique car la difficulté des personnes reste toujours de mettre en oeuvre l'idée retenue.