dimanche 7 novembre 2010
L'Homme au travail: un sujet de réflexion
J'ai longtemps hésité à créer ce blogue. Je ne voulais ni paraître prétentieux, ni sage. D'aileurs, je ne suis ni l'un, ni l'autre.
Seule chose à laquelle je peux prétendre, c'est d'apprendre des expériences des autres en contexte de travail. Ma profession de formateur en entreprise m'amène à faire des réflexions de toutes sortes sur le monde du travail et le monde au travail. Pourquoi donc ne pas en faire bénéficier les autres, s'ils veulent bien en bénéficier. Du même coup, je consolide mes réflexions par le biais de vos commentaires, si vous désirez en faire bien sûr. Ainsi, c'est gagnant-gagnant.
Si dans l'avenir, vous me suivez dans mes réflexions, sachez d'abord que je me sens bien démuni face à la complexité de l'Homme, surtout en ce qui concerne l'Homme au travail. Ce qui le motive, j'en ai une idée; quelles sont ses attentes, j'en ai aussi une idée. Mais il n'y a pas de formule magique; j'en ai la conviction.
Je vous parlerai donc de mes réflexions qui découlent de près de 2500 heures de formation en entreprises. Soyez certains qu'aucun nom d'entreprises ne sera mentionné. Aucun indice ne permettra non plus d'identifier ces entreprises. J'exige de vous cette même rigueur dans vos commentaires. Ce seront surtout les tendances lourdes qui m'intéresse et ce sont elles-seules qui seront l'objet de mes reflexions.
Je vous parlerai donc de sujets forts intéressants (enfin, je présume). J'explorerai donc avec vous des sujets tels que les règles et l'efficacité; le courage organisationnel (faire ce qui est bien pour l'organisation); la contrainte et l'autonomie; le suivi en organisation; l'implication des employés et la perte de pouvoir des gestionnaires; la créativité; etc.
Soyez donc les bienvenus sur mon blogue
Et vive le monde du travail
Patric
La conviction de bien faire à la solde d'une fausse vérité
En tant que formateur, j'ai l'ultime conviction qu'une formation doit être centrée sur celui qui suit la formation. C'est à lui seul que s'adresse ce savoir et on doit avoir, en tant que formateur, le souci permanent de lui transmettre. Il faut construire sur ce qu'il sait; l'alimenter à petites doses; renforcer son savoir par des situations concrètes qui rejoignent ses champs d'intérêts; le laisser parler; le laisser participer à sa propre formation, puisque c'est à lui qu'elle appartient. Telle devrait être la formation en entreprise.
Malheureusement, on est loin de la coupe aux lèvres. Et là, je ne mâcherai pas mes mots.
Il faut dire qu'on a habitué les entreprises à une formation sans saveur. Plusieurs attendent d'un formateur qui les alimente d'un trop plein de savoir. "Envoye shoot, on est capable d'en prendre". Mais qu'est-ce qui en reste de ce savoir après la formation? Presque rien, si ce n'est qu'un cahier qui, probablement, reposera sous quelques millimètres de poussières. R.I.P. Comme si le savoir se payait au mot prononcé ou écrit. Plus il en a, mieux c'est.
Pourtant, ici, la conviction de bien faire est à la solde d'une fausse vérité. Se gaver n'est pas se nourrir. La formation contenant de trop nombreux éléments de savoir au pouce carré ne permet en rien l'atteinte des objectifs de quelque organisation que ce soit. On croit bien faire, mais en réalité on nourrit l'illusion, soit celle de posséder un savoir. Que dire à quelqu'un qui croit avec conviction qu'il apprend, lorsqu'il en est rien en réalité?
Je vous prouverai, lors des prochains billets, que les CEGEPS et universités ont créé de toutes pièces ces attentes envers les formations et les formateurs d'aujourd'hui. "On a pas de temps à perdre" dirait le professeur titulaire. Je lui répondrais d'utiliser toutes ses ressources, dont son temps, pour transmettre adéquatement son savoir sans qu'il y ait gaspillages en bout de ligne. Je vous ferai part aussi de mes méthodes de formation et partagerai mes souhaits pour le futur de la formation en entreprise.
Patric Dugas
Conseiller-formateur